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MADA au Québec

Introduction

Le 1er octobre 2007, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé le Guide mondial des villes-amies des aînés, à la suite d'un vaste projet de recherche qui a été mené dans 33 villes à travers le monde. Cet outil permet de poser un regard sur le vieillissement actif et sur les diverses façons d'adapter les milieux de vie aux besoins des aînés.

Dans ce contexte et à la suite de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés tenue en 2007, le Secrétariat aux aînés du gouvernement du Québec a soutenu le développement et l’implantation de la démarche Municipalité amie des aînés au Québec en collaboration avec le Centre de recherche sur le vieillissement du Centre de santé et des services sociaux – Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (CSSS-IUGS).

Face aux résultats des projets pilotes de la recherche VADA-QC, le gouvernement du Québec a procédé en 2009 à la mise sur pied du programme Municipalité amie des aînés. Ce programme vise l'adaptation des politiques, des services et des structures au vieillissement de la population. L'une des conditions gagnantes est de s'assurer que les aînés participent à chacune des étapes et que l'ensemble de la collectivité́ y contribue. Au début de l’année 2014, plus de 700 municipalités québécoises avaient adhéré au programme MADA.

Le programme de soutien

Depuis 2009, le Secrétariat aux aînés du gouvernement du Québec finance les municipalités et les municipalités régionales de comté (MRC) qui entreprennent une démarche MADA. Le programme a pour but d'aider celles-ci à encourager la participation active des aînés au sein de leur communauté et à concrétiser la vision d'une société pour tous les âges. Les municipalités et MRC intéressées par le projet trouveront dans le Programme de soutien à la démarche Municipalité amie des aînés une offre de soutien permettant de réaliser une démarche de mobilisation locale ou régionale et un plan d’action favorisant le vieillissement actif. Le Carrefour action municipale et famille est l'organisme responsable du soutien technique des municipalités et MRC participant à ce programme.

Engrenage

Comme le démontre la figure suivante, les forces de tous les partenaires (le Centre de recherche sur le vieillissement, le Secrétariat aux aînés du gouvernement du Québec, le Carrefour action municipale et famille et la Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec) sont mises à contribution dans cet engrenage, mis en mouvement par la force des projets MADA.

 

Les 5 objectifs

Dans une Municipalité amie des aînés, il se développe une culture de l'inclusion et ce chez tout un chacun, quel que soit son âge ou ses capacités. Les politiques, les services et les structures qui touchent l'environnement bâti et social sont conçus pour soutenir les aînés et pour les aider à vieillir en restant actif, c'est-à-dire à vivre en sécurité, à jouir d'une bonne santé et à continuer de participer pleinement à la vie de la société.

Une MADA est une municipalité qui : (Cliquez sur chacun des objectifs pour en apprendre davantage.)

1. Met un frein à l'âgisme

Il est essentiel de mettre un frein à l'âgisme toujours présent dans notre société, car il constitue un obstacle important au vieillissement actif. L'âgisme est une forme de discrimination fondée sur l'âge chronologique ou l'âge présumé. L'un des mythes de la vieillesse consiste à dire que c'est une période de la vie où il est trop tard pour adopter un mode de vie actif, qu'à un âge avancé, il vaut mieux se reposer et laisser la place aux plus jeunes. Au contraire, il est très bénéfique pour les personnes aînées de continuer à adopter de saines habitudes de vie et de pratiquer des activités stimulantes, qu'elles soient rémunérées, bénévoles ou effectuées comme loisirs. Les aînés qui participent ou retrouvent des possibilités de participation maintiennent leur utilité ou leur sentiment d'utilité, développent leurs aptitudes, évitent de se retrouver isolés et acquièrent une meilleure estime d'eux-mêmes.

2. Sait adapter ses politiques, services et structures

Dans une municipalité amie des aînés, les politiques, les services et les structures qui touchent l'environnement sont conçus pour soutenir les aînés et pour les aider à vieillir en restant actifs. Ceux-ci peuvent notamment assurer une plus grande mobilité des personnes aînées. Ces politiques, services et structures peuvent aussi favoriser la participation des personnes aînées à des activités et à la vie municipale. L'agencement des services et des structures permet également de mieux desservir les personnes aînées.

3. Agit de façon globale et intégrée

Une municipalité qui se soucie des besoins des aînés doit intervenir sur plusieurs facteurs liés les uns aux autres. Il devient ainsi important d'adapter les politiques publiques et les programmes pour que ceux-ci favorisent davantage le vieillissement actif et pavent la voie à une action locale et régionale plus concertée en faveur des aînés. À cet effet, plusieurs domaines de l'intervention municipale sont touchés par le vieillissement actif. Ce sont les représentants de tous ces secteurs (transport, urbanisme, vie communautaire, etc.) qui devront travailler ensemble, et avec les personnes aînées, afin de trouver des solutions viables. Une vision intégrée permet de se soucier des générations actuelles et futures de personnes aînées. Par exemple, une municipalité rurale qui réussit à garder ses familles sur son territoire et à en attirer d'autres s'assure, à moyen et à long terme, d'une vitalité qui lui permettra de conserver certains services dont profiteront les jeunes comme les personnes aînées.

4. Favorise la participation des aînés

L'OMS défend l'idée qu'il faut, dès le départ, connaître les besoins des aînés et leur laisser la chance de s'exprimer. La méthode de groupes de discussion est particulièrement intéressante parce qu'elle donne accès aux perceptions des premiers acteurs concernés par une réalité complexe, ce qui n'est pas toujours possible avec d'autres méthodes de collecte d'information. Elle permet aussi de connaître la vision de celles et ceux qui sont plus isolés et qui ne participent habituellement pas aux audiences publiques. La démarche se fonde sur l'expérience vécue par les aînés quant à ce qui est ou n'est pas adapté à leurs besoins et quant aux améliorations à apporter pour créer un milieu qui leur soit plus favorable. De plus, une municipalité amie des aînés sait stimuler l'engagement communautaire et la participation citoyenne des personnes aînées à toutes les étapes de déploiement d'un projet. Ainsi, le projet est non seulement réalisé POUR les aînés mais aussi AVEC eux.

5. S'appuie sur la concertation et la mobilisation de toute la communauté

Comme le terme de municipalité amie des aînés l'indique, la municipalité est placée au coeur de la démarche de concertation et doit agir en tant que catalyseur des forces du milieu. Elle doit amener toute la communauté à participer à la construction d'un milieu de vie plus accueillant pour ses personnes aînées. Elle devra donc entreprendre un processus de mobilisation des acteurs clés de différents secteurs ainsi que des citoyens aînés eux-mêmes. Si la démarche proposée vise à adapter les politiques, les services et les structures aux besoins des personnes aînées, elle vise aussi à améliorer la vie démocratique. En ce sens, il importe de travailler avec les acteurs locaux de la communauté. C'est ce qu'il est convenu d'appeler la « mobilisation de la communauté ». On peut définir la mobilisation des communautés comme un processus global par lequel les forces vives d'une communauté se regroupent pour agir ensemble à la réalisation d'un objectif ou d'un projet commun1. La mobilisation des communautés doit reposer sur un ensemble de principes dont les suivants2 :

  • une vision commune des besoins et des stratégies pour réussir le changement souhaité;
  • des mécanismes de participation communautaire qui permettent de consulter les organismes ainsi que la population et de les faire participer à tout projet ou démarche en cours;
  • la mise en place de partenariats intersectoriels permettant le partage des enjeux et des ressources.

La municipalité ne travaille donc pas seule, elle peut compter sur l'appui des acteurs locaux de la santé, des organismes communautaires, du milieu associatif et des organismes privés. La mobilisation de la communauté implique, dans bien des cas, de réunir des personnes qui ne sont pas habituées à travailler ensemble. Il faut donc se laisser le temps de s'apprivoiser les uns les autres. Les alliances ainsi créées contribueront à la pérennité des actions.

Références :

  1. Ninacs, W.A. (2008). Empowerment et intervention - Développement de la capacité d'agir et de la solidarité. Québec: Les Presses de l'Université Laval.
  2. Flaubert, C. (2008).